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Perceptions prosodiques et développement langagier : Etude exploratoire auprès d’enfants non-verbaux porteurs de trisomie 21


Auteur.e.s : Brelle Madeleine
Directrice(s)/Directeur(s) : Magali Dussourd-Deparis
Année : 2018
Université : Strasbourg
Nb de pages (annexes incluses) : 74
Mots clés : Trisomie 21, prosodie, retard de parole et de langage, comptine

Résumé :

Dans le cadre de ce mémoire d’orthophonie, nous avons souhaité explorer les capacités perceptives prosodiques, en lien avec le développement langagier chez des enfants non verbaux porteurs de trisomie 21, âgés de 2 ans 11 mois à 5 ans 6 mois. Les enfants porteurs de trisomie 21 présentent pour la plupart d’entre eux un retard de parole et de langage plus ou moins important. La prosodie étant l’un des premiers stimuli langagiers perçus par l’enfant, il nous semblait pertinent d’explorer cette composante linguistique chez une population présentant de tels troubles. D’après plusieurs études menées auprès d’enfants porteurs de trisomie 21, ceux-ci présenteraient des difficultés de traitement prosodique sur les plans productifs et perceptifs. Les aspects rythmiques et mélodiques de la parole semblent moins bien assimilés que chez les enfants tout-venant.Ainsi, l’objectif principal de cette étude de cas uniques a été d’observer la sensibilité de trois enfants non-verbaux porteurs de trisomie 21 aux variations prosodiques au travers des comptines, et d’analyser l’impact de cette stimulation sur le développement langagier. Les comptines présentent un support acoustique dans lequel les contrastes d’intensité, de fréquence et rythme sont accentués. Ainsi, elles nous ont permis d’observer les réactions de nos sujets face à un matériel prosodique davantage contrasté que celui de la parole. Trois comptines ont été sélectionnées pour leurs caractéristiques prosodiques particulières.
Les résultats montrent une bonne réceptivité des sujets face aux comptines avec une amélioration d’une ou plusieurs compétences langagières au cours du protocole, pour deux des trois patients. Les comptines caractérisées par les contrastes de rythme et d’intensité ont suscité davantage de réactions attentionnelles, gestuelles et verbales, que la comptine caractérisée par le contraste fréquentiel. Nous pouvons en conclure que les sujets sont réceptifs aux contrastes de rythme et d’intensité. En revanche, le lien direct entre l’intensification du contraste prosodique et l’amélioration des compétences langagières n’est possible que pour le contraste d’intensité.
Les progrès observés lors des situations de comptines ont été partiellement généralisés à d’autres situations de jeu pour deux des trois patients, affirmant ainsi l’intérêt orthophonique de notre étude. Un allongement de la durée du protocole permettrait probablement un transfert d’acquisitions plus conséquent.


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