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Le bilinguisme améliore-t-il la compréhension des homophones chez les enfants atteints de Troubles du Spectre de l’Autisme ?


Auteur.e.s : Desmery Justine et Decrette Charline
Directrice(s)/Directeur(s) : Lammert Marie et Janssen Lucie
Année : 2019
Université : Strasbourg
Nb de pages (annexes incluses) : 68
Mots clés : TSA, bilinguisme, homophonie, compréhension, inhibition

Résumé :

Introduction : La prévalence mondiale des Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA) ne cesse d’augmenter, dans un contexte où plus de la moitié de la population mondiale est bilingue. L’objectif de cette étude était d’observer l’éventuel impact du bilinguisme sur la compréhension des homophones auprès d’enfants TSA.
Notre principale hypothèse était que les TSA bilingues seraient plus rapides et plus performants aux tâches d’homophonie et au test d’inhibition que les TSA monolingues, du fait d’un « avantage bilingue ».
Méthode : 44 enfants âgés de 7 à 14 ans ont participé à cette recherche, avec un TSA ou un développement typique (DT), monolingues ou bilingues. Trois tâches expérimentales informatisées ont été créées pour mesurer la compréhension des homophones. Des épreuves investiguant le lexique réceptif, la compréhension morphosyntaxique, l’inhibition, la mémoire auditivo-verbale ainsi que la mémoire de travail ont été soumises à l’ensemble des participants.
Résultats : La plupart des scores des TSA en compréhension d’homophones étaient relativement préservés par rapport à ceux des DT mais l’accès au sens semblait ralenti. En revanche, le bilinguisme (DT et TSA confondus) ne semblait ni faciliter la compréhension des homophones, ni modifier la vitesse d’accès aux sens appropriés. Chez les TSA, le bilinguisme semblait au contraire rendre la compréhension des homophones plus difficile puisque les scores étaient inférieurs à ceux des DT.
Discussion : Les résultats de cette étude suggèrent que si le bilinguisme ne semble ni améliorer ni accélérer la compréhension des homophones chez les TSA, le niveau lexical des participants (DT et TSA confondus) permettrait de prédire en grande partie leur capacité à comprendre les homophones. En cas de difficultés, le développement du stock lexical ainsi que des compétences métalexicales pourraient représenter des pistes orthophoniques intéressantes.


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