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Influence de la théorie de l’esprit et du langage formel sur le développement des inférences pragmatiques


Auteur.e.s : MORELLET Caroline
Directrice(s)/Directeur(s) : PETIT Nicolas
Année : 2021
Université : Lyon
Nb de pages (annexes incluses) : 56
Mots clés : pragmatique, inférences pragmatiques, développement du langage, langage formel, théorie de l'esprit

Résumé :

La communication permet aux individus d’interagir entre eux et, au-delà du langage, d’échanger des intentions de communication. Bien souvent, le sens littéral du message transmis ne suffit pas pour comprendre ce que le locuteur veut dire et des inférences pragmatiques sont nécessaires pour reconstruire son intention. Au quotidien, ces processus cognitifs permettent la compréhension de l’ironie, des métaphores mais aussi d’autres implicatures. De nombreuses populations cliniques rencontrent cependant des difficultés dans ce domaine engendrant un handicap social important. Comprendre le fonctionnement de ces habiletés semble alors primordial afin de développer des outils d’évaluation précis et d’élaborer des pistes d’intervention adaptées. La recherche auprès de personnes à développement atypique ou typique fait principalement apparaître deux bases cognitives possibles pour les inférences pragmatiques : le langage formel et la théorie de l’esprit (TdE). Cependant, leurs rôles, conjoints ou non, restent encore à préciser, ces phénomènes cognitifs étant rarement étudiés simultanément. L’objectif de ce travail est donc d’investiguer leur influence respective sur le développement typique des inférences pragmatiques entre 6 et 11 ans, période sensible du développement pragmatique. Pour cela, des tâches évaluant les inférences pragmatiques, le langage formel et la TdE indépendamment du langage ont été proposées. Les résultats obtenus confirment que les inférences pragmatiques sont distinctement liées à l’âge et au langage formel. En revanche, aucun lien avec la TdE n’a pu être objectivé lorsque ces deux variables – âge et langage formel – étaient contrôlées ce qui appelle d’autres études complémentaires. En outre, cette étude souligne la nécessité de considérer la pragmatique comme une compétence spécifique et de l’évaluer indépendamment du langage formel. Ces résultats observés chez les enfants à développement typique inciteraient par ailleurs les cliniciens à s’appuyer sur les compétences langagières pour prendre en soin les inférences pragmatiques des populations qu’ils accompagnent.


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